PRESENCE DANS LE 93

LA PRESENCE DES GENS DU VOYAGE EN SEINE-SAINT-DENIS

Les Tsiganes/Gens du voyage présentent une diversité qui s’explique par l’histoire de leur migration. S’ils viennent pour l’essentiel du nord-ouest de l’Inde, région qu’ils ont quittée vers le Xème siècle, ils se sont imprégnés des cultures des différentes sociétés rencontrées au cours de leurs parcours géographiques. La migration vers l’empire byzantin les a amenés au Moyen Age en Grèce, dans la Turquie actuelle, et dans une partie des Balkans. A partir du XIVème siècle, les tsiganes sillonnent la Roumanie, la Croatie, la Serbie. Vers 1420, les premières « compagnies bohémiennes » pénètrent en Europe occidentale, et notamment en France. Un siècle plus tard, il y a des Tsiganes partout en Europe. Rien ne prédispose cette population à la marginalisation. Ils sont artisans, artistes et commerçants.

Mais leur liberté de mouvement va être limitée dans certains pays : politiques d’assimilation appliquées en Espagne sous le règne d’Isabelle la Catholique dès 1499, sédentarisation forcée dans l’empire austro-hongrois décrétée par Marie- Thérèse d’Autriche à la veille de la Révolution française.

D’autres populations tsiganes sont arrivées ensuite en France : en provenance de Bosnie et de l’empire ottoman en 1914, en provenance de l’ex-Yougoslavie à partir de 1960.

Plus récemment, à partir de 1990 avec les changements politiques des Pays de l’Est, puis en 2007 avec l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Europe, on a observé de nouvelles vagues de migrations venant de ces pays. Au fil des migrations, les groupes se sont peu à peu distingués : les Roms en Europe centrale et orientale, les Manouches et Yéniches en Europe occidentale, les Gitans dans la péninsule ibérique. En France plusieurs groupes sont présents de longue date : les Manouches, les Gitans, les Yéniches, les Roms . Dans la région Ile-de-France, les Gens du Voyage sont présents depuis le

 

16ème siècle. Un aspect commun à tous les Gens du Voyage : ils ont toujours été objet d’exclusion, dans toutes les migrations, notamment en France où la Halde a rappelé à l’Etat qu’il fallait cesser les discriminations contre les Gens du Voyage par plusieurs délibérations.

UNE PRÉSENCE TRÈS ANCIENNE SUR LA SEINE SAINT DENIS

Une des particularités du département tient à la présence sur son territoire de l’ensemble des groupes référencés dans le tableau ci dessous, et au fait d’y être identifiés dès les premières années de leur arrivée sur le territoire « français ».

 

« C’est au LENDIT, une foire importante qui se tenait à Saint Denis, en août 1427, qu’apparurent ces fameux ’habitants de la Petite Egypte’, surnommés Bohémiens ou Romanichels. La foire se tenait dans la plaine qui s’étend entre La Chapelle et Saint Denis »

 

  • Tous groupes confondus, la population Tsigane / Gens du Voyage de Seine-Saint-Denis est évaluée de 12 à 14 000 personnes (hors les familles d’origine roumaine ou bulgare récemment arrivées),

 

  • 700 sites d’habitat recensés présentent une grande diversité de modes et de typologies : logement social, logement pavillonnaire classique, habitat mixte (pavillon avec caravane ou terrain familial avec bâti et caravane), caravane seule, ainsi qu’une disparité importante dans les statuts d’occupation (location, propriété, absence de droits et titres…)

TYPOLOGIE DES GROUPES PRÉSENTS SUR LE DÉPARTEMENT

La Seine Saint Denis est le seul département en France à connaître la présence de l’ensemble de tous les groupes sur son territoire :

 

  • Des familles Manouches / Sinte les plus nombreuses en France et les premières arrivées. On retrace leur présence à Saint Ouen en 1867.

 

  • Des familles Gitanes, qui demeurent plutôt dans le sud du pays, mais dont certaines résident sur le département, initialement dans les bidonvilles de La Courneuve ou sur le quartier du Globe à Stains dans les années 1955-1960.

 

  • Des familles Yenisches, elles aussi présentes depuis longtemps souvent sur des activités de commerce notamment sur les marchés.

 

  • Les familles Rom enfin, le groupe le plus restreint en France, mais le plus important à l’échelle mondiale, qui a fortement imprégné l’histoire de la Seine Saint Denis, de Montreuil particulièrement et des communes proches.

 

Dès leur arrivée en région parisienne à la fin du XIX° siècle, très peu de ces familles vivent hors de la banlieue Est de Paris. Leur présence a donc imprimé un caractère tout à fait particulier au département.